dimanche 14 juin 2020

Sortie sur la Dordogne

Bonjour à tous,

Très étrange de vous faire un retour sur cette sortie, qui bien que planifiée depuis quelques temps s'est vue amputée de pas mal de nos potes au vue des circonstances. On s'est tenu au courant régulièrement au cours du mois d'Avril et de Mai et c'est ainsi que j'ai eu au fil et à mesure des jours qui passent pas mal d'annulation, jusqu'à l'incertitude. Au final, nous serons 8 : Jacques et Yves, Alain, Fernando, Jean-Marie et Daniel qui ont rejoint le club cette année ainsi que Monder et moi-même. Deux fois moins que prévu initialement.

Certains ont pu passer du temps à l’étau pendant le confinement, ce n'était pas mon cas et je me suis rattrapé durant le weekend de pentecôte afin d'avoir "50 nuances de sulfures" à proposer à nos compères de jeu : en cripple, en émergente avec exuvie, sans exuvie et en subimago.


Le départ c'est fait Mardi, nous étions attendu avec impatience au camping du Saulou qui ouvrait donc également ses portes. La saison a plus que mal commencé pour eux et on nettoie les plâtres pour ce qui est la mise en place des mesures spécifiques au Covid19. Arrivés peu avant midi, nous passerons la journée avec Monder sur le spot situé le long du camping. Quelques gobages étaient présents dans les courants et nous avons assez rapidement touché du poisson, des truites de tailles modestes mais à la robe Atlantique. 


Au coup du soir, plusieurs pêcheurs locaux étaient présents. L'un deux fera un ombre de 48cm à côté de moi. Nous avons discuté un peu et il m'a indiqué pêcher en 14 centièmes avec des micro-mouches (pas en dessous d'un hameçon de 20)... Nous retrouvons des poissons pas vraiment éduqués mais très sélectifs face à la providence d'insectes que charrie la rivière. Ce soir-là, nous n'aurons pas eu de sedges, mais un long coup du soir "crescendo" de 20h à 22h.

Le lendemain des orages étant annoncés nous avons filé sur la maronne, par crainte qu'elle soit impêchable le reste du séjour. En arrivant, nous voyons un gobage et plusieurs pêcheurs, nous n'insisterons pas longtemps pour aller sur le no-kill d'Argentat. 


Nous avons commencé rive gauche en aval du pont amont. Ci-dessous monder cherchait les petits ombres dans un courant. 


Pour ma part j'attaquerais des gobages en bordure du courant principal, entre les deux piles du pont. Trois petit gobages façon "rond dans l'eau", tous trois pendu avec des truites qui font toujours plaisir par leur défense.


Je terminerais ce coup de pêche sur la pile du pont pour attaquer les ombres en amont, le débit de la rivière permettant d'y accéder. je toucherais un petit et j'en louperais de beaux qui était rudement rapides (ou n’était trop mou au ferrage...). Pêcher ce no-kill est toujours agréable car on est à côté de la ville, d'ailleurs on peut toujours en profiter pour boire une bière sur les quais d'en face (ce que nous avons vérifié).


L'orage n'étant pas encore là, nous nous rapprochons du camping et faisons halte au pont de Monceau. Nous verrons peu d'activité et quand même pas mal de pêcheurs sur le courant en aval.


 Sur la rive gauche je verrais un gobage, que je louperais hélas au ferrage.


L'orage n'étant pas arrivé, nous sommes descendus bien plus en aval sur "un petit coin que l'on aime bien". Ici, vers 18h, nous verrons déjà des gobages bien installés. Je ferais le poisson sur celui filmé ci-dessous, qui gobait toutes les minutes. 


Au fur et à mesure que la soirée avançait, les gobages se faisait de plus en plus fréquents mais très difficile de mettre la bonne mouche. Une pluie a coupé le coup du soir mais a repris 20 minutes plus tard, je finirais finalement par toucher des poissons sur un petit cul de canard rouge / bordeaux, un peu tard, la bataille étant déjà finie. Encore une fois, pas de sedges. De retour au mobil-home, des éphémères nous attendaient.


Elles correspondaient un peu à ce que j'avais observé, comme des petits echdyos. Aussitôt vu, aussitôt montés, en hameçon 14 et 16.


Le lendemain, jeudi, des petits crachins passaient ici et là. Nous en avons profité pour prendre la température au magasin de pêche restant dans le canton, argentat-passion à Argentat. Nous pêcherons le long du camping, parcours qui s'avérait constant et productif, malgré quelques déconvenues. En effet, ci-dessous on voit un bateau de guide dériver en pêche aux leurres. Ce bateau est passé pile poil sur un gobage qu'une personne en wading était en train d'attaquer. Pas classe du tout monsieur de riverwild.fr


Vendredi midi nous avons fait notre repas de club au camping. Nous l'avons fait le midi pour profiter pleinement du coup du soir. Un menu copieux et local dont nous avons tous profité.


 Nous avons ensuite pêché encore le long du camping entre deux légères averses.


Samedi, nous sommes allés voir quelques endroits "réputés" de nom mais que nous ne connaissons pas, comme ici à "la piscine", en aval du barrage du sablier. 


 Puis nous sommes retournés "au coin qu'on aime bien" pour finir notre séjour. Les gobages étaient présents même en après midi, j'ai pu faire du poisson sur de beaux spents d'echdyo bien rouges, comme on voit ci-dessous. 


Je prendrais alors cette belle truite, sur un hameçon de 10 et en pleine journée, truite qui avait ignoré des tailles plus petites. Comme quoi les micro-mouches ne sont pas forcément un sauve-bredouille. Le gobage était magnifique.


Monder plus bas attaquait également de jolis gobages et aura fait du beau poisson. Nous avons pu voir aussi le guide Frédéric Serre, qui a un rôle récurrent dans le film "La Dordogne en quatre saisons".  Film que je vous recommande vivement. M'ayant vu bien que n'étant pas dans l'eau à ce moment, le guide a changé sa trajectoire pour ne pas gêner le spot de pêche que j’observais. Beau comportent, je dis bravo et merci.


 Cette soirée nous permettra de finir le séjour en beauté, avec d'autres beaux poissons qui sont venus. Nous étions rodés sur les bonnes mouches et avons eu peu de loupés. Ce dernier soir a marqué également la seule éclosion de gros sedges au coup du soir, qui a ravivé la rivière à la tombée de la nuit.



 Monder avec le dernier poisson, peu avant notre retour au camping.


 Une sortie donc spéciale, sans la troupe habituelle mais avec quand même de bons compagnons. La Dordogne reste une rivière difficile à la mouche de par la quantité d'insectes qui dérivent, les poissons sont de véritables juges à la fois de dérives et de montage. Nos galères en début de séjour se sont dispersées avec petit à petit les bonnes mouches à la bonne taille : petite olives, moyennes bordeaux et gros echdyos. Pour ces echdyo, je ne peux que recommander les topos disponibles ici : http://www.truites-et-cie.fr/article/technique/mouche/des-insectes-et-des-plumes-la-croisade-du-prince-rouge-part-1 et ici : http://www.truites-et-cie.fr/article/technique/mouche/des-insectes-et-des-plumes-la-croisade-du-prince-rouge-part2 qui expliquent tout sur cette mouche, que l'on peut confondre parfois avec d'autres selon les stades et le sexe de éphémère.


mardi 10 mars 2020

Séance de montage avec Yann Caleri

Mercredi 26 février, Yann Caleri (https://caleri-flyfishing.com) était parmi nous pour la démonstration annuelle de montage.
Cette séance est toujours très attendu au club car elle nous permet de découvrir de nouveaux matériaux ou alors de nouvelle technique démontage.
Yann a commencé par monter une noyée inspiré des bibis de la Dordogne. 
Il a ensuite continué sur un streamer très appétissant.
Une petite éphémère en CDC avec des reflets rose pour les ombres. 
En pleine action. 
Une "perdigonoyée". 
Il a finit par une variante de nymphe peinte avec de la résine UV. 
Bref cette année Yann nous a encore gâté avec tout ces montages ! 
Merci Yann !! 



vendredi 6 décembre 2019

Pierre champion du monde en équipe !

Bonjour à tous,



C'est avec plaisir qu'on partage cette merveilleuse nouvelle, Pierre Kuntz, notre benjamin et compétiteur, est champion du monde par équipe avec l'équipe de France de pêche à la mouche. Il fini 7ème au classement individuel. Quelle fierté pour le club !



Pierre avait déjà participé aux championnats d'Europe avec de très bon résultats, et est également capitaine de l'équipe de France Junior avec laquelle il a obtenu un championnat avec trois français sur le podium en prime !

Cette année, les championnats avaient lieu en Tasmanie. La participation de l'équipe de France n'avait pas été facile suite à des histoires de fédération, mais finalement après une tombola les membres de l'équipe ont pu financer le voyager et y participer.



On aura pu suivre leur préparation ainsi que la compétition sur la page facebook de l'équipe et en attendant que ce soit retransmis sur Eurosport ou France Télévision (on peut toujours rêver !), vous pouvez revivre (en anglais) la compétition sur le site flylife :


Bravo à tous car les conditions étaient compliquées et seulement 1 point séparent les trois premiers !! Mais bon, un point c'est un point et un point c'est tout.

lundi 25 novembre 2019

Pêche et sciences : une solution pour nettoyer le plastique des rivières ?

Ci après une vidéo qui rapporte les travaux d'universitaires Hollandais ayant mis au point un dispositif pour isoler le plastique dans une rivière. Ce système est inspiré du domaine du pétrole pour contenir d'éventuelles marées noires. Selon les auteurs, il a l'avantage de permettre la navigation fluviale et  de ne pas bloquer les espèces animales. En plus, il permet de ré-oxygéner l'eau !


mardi 1 octobre 2019

Pêche du saumon pacifique au Japon

Suite à mon précédent article sur ma tentative de pêche au tenkara au Japon, il fallait bien que je me rattrape. C'est chose faite. Je suis parti en cette mi-Septembre au sein de ce magnifique pays non pas pour aller voir les matchs de rugby mais pour tenter de prendre un saumon du pacifique.

La pêche du saumon est interdite au Japon, sauf sur la rivière Chuiri sur l'île Hokkaido, la plus au Nord. Bon comme c'est un peu perdu, il faut louer une voiture pour pouvoir se déplacer sur place, mais ça va, c'est plutôt abordable. La difficulté est de faire traduire son permis car le permis international n'est pas reconnu, et en voulant économiser pour le faire sur place plutôt que via une agence en ligne, j'ai failli me faire piéger par un jour de congé où le bureau était fermé. Au cas où, voici un lien https://jp.ambafrance.org/Conduire-au-Japon-pendant-un-court-sejour. Autre formalité, je suis retourné au petit magasin de pêche à la mouche que j'avais repéré lors de mon précédent séjour pour m'équiper d'une "clochette à ours". Car apparement, il y a des ours qui sont régulièrement repérés.

Je me suis rendu donc sur place depuis Tokyo ou j'étais pour le travail. Direction aérodrome de naka-shibetsu, mes collègues n'avaient jamais entendu parler de cette localité. Ce qui est plutôt sympa c'est que la compagnie nationale, ANA, propose des billets de vols intérieurs à destination des touristes internationaux, a prix constant et attractif, tout en permettant d'avoir deux bagages de 23kg chacun. Pratique car mes cannes à deux mains sont en 4 brins et j'ai une mallette un peu 'juste' en complément d'une valise avec toutes les affaires annexes (waders, chaussures, gilet, etc).


Arrivé assez tard, je suis allé voir le "Centre du saumon" pour me mettre dans l'ambiance. J'apprendrais que le saumon du pacifique est ici très cultivé, mais non pas en fermes. Il grandit en rivière, celles-ci sont toutes dédiées sur la côte Est à la culture du saumon sauf la chuiri. Ensuite, il migre naturellement en mer et y passe sa vie sauvage. Par contre, lors de son retour, les choses se compliquent puisque à l'embouchure de chacune des rivières sont disposés des filets en durs, statiques, dont le but est de récupérer la quasi-intégralité des saumons qui remontent. Ceux-ci sont alors préparés pour les sushis, et les œufs sont récupérés, fécondés puis re-déposés dans la rivière.  Je trouve ça presque plus sain que ces grands fermes où les poissons vivent adultes, entassés les un sur les autres (ce n'est que mon jugement).



 Ce centre a plein d'aquariums au sein duquel on peut voir les différentes espèces courantes d'eau douce au Japon, a savoir les truites locales (yamane), les taimens, les saumons et quelques esturgeons. Le record du taimen au japon serait d'après la photo ci-dessous de 2m10 pour 105kg !


Un "vrai" taimen aux dimensions plus modestes quand même



Le clou du spectacle étant quand même d'avoir accès à une passe à poisson et de pouvoir voir les saumons en attente de franchissement. Ci-après une petite vidéo, une vraie mise en bouche.



Pour pouvoir pêcher là bas, il faut au préalable s'enregistrer durant l'été sur le site http://www.salmon.jp/english-information. Nous recevons ensuite un mail qui valide l'inscription. Une fois arrivé sur place, il y a un petit lodge auquel on fait le check'in et où on peut prendre des informations, moyennant une bonne appli de traduction sur le téléphone. Pour ma part, on m'a conseillé l'application Dear Translate qui s'est avérée plutôt efficace. J'avais loué un appareil qui me permettait d'avoir du wifi partout, également indispensable !


On indique à la personne quelle zone on pêche et c'est parti ! Je serais resté trois jours, et j'aurais eu la chance d'avoir mon tout premier saumon dès le premier jour. Admirez les dents, voici pourquoi un de ses surnoms est "dog salmon". Sur cette prise, j'étais pas très serein à enlever la mouche...


Le second jour j'aurais fait bredouille. Le manager de la rivière, Yasushi Fujimoto, m'attendait le soir au lodge et s'est présenté. Il m'a fourni trois mouches qui ont bien changé la donne pour le troisième jour où il m'a emmené en voiture tout au long du parcours pour me présenter les postes. Ce dernier jour,  j'aurais pu sortir 3 poissons et décroché pas moins de 4. Les mouches ont un peu souffert au passage.

Quelques photos de la rivière qui a un profil plutôt de torrent, avec quelques zone de calme.





Les eaux sont plutôt très cristallines et nous sommes à quelques kilomètres seulement de la mer. Yasushi m'a indiqué que l'amont de la rivière était également très intéressant pour la pêche à la mouche avec la présence nombreuse de truites et d'ombles.

A noter que sur la page facebook dédiée à la rivière, on peut voir tous les jours les stats de prises : https://www.facebook.com/chuurui.salmon.fIshing/ La première ligne correspond au "chum salmon", la second au "pink salmon". A gauche le nombre de pêcheurs , en haut du jour et en bas de la veille. Au moment où j'y étais, la moyenne était d'environ 2 poissons par pêcheurs et par jour toutes espèces confondues, ce qui me semble pas trop mal. Sur la photo ci-dessous, le 22/9 (soit mon dernier jour de pêche) nous étions 45 pêcheurs, 75 chums ont été pris pour 12 pinks. LA veille, nous étions 49 pour 68 chums et 15 pinks.


Bon ceci étant, les japonnais pêchaient plein courant et au fond, délaissant les zones relativement peu profondes et calme où j'aurais fais mes 'petits'. Sur la même zone, certains pêchaient au leurre, soit avec une canne lancer (cuillères tournantes et ondulantes), soit au leurre souple avec une très grand canne "au coup". Mais toujours plein courant et dans des zones relativement profondes (min 1m de profondeur). A noter que la plupart des personnes que j'ai croisé mon salué d'un gentil "hello" me voyant pas du coin, de manière très polie et courtoise. Cela fait toujours plaisir.

Pour plus d'informations, je vous conseille de contacter :
  • Hugo Tremolino, soit via facebook ou son site. Hugo est guide de pêche dans la région Ouest de l'île, assez éloigné de la rivière Chuiri mais pourra néanmoins donner des conseils pour préparer le voyage. Il n'a pas hésité à me rapeller quand je lui ai parlé de mon projet.
  • Yasushi Fujimoto, via facebook. C'est le manager du parcours de pêche e tprends du temps pour répondre aux sollicitations
  • Mishihiro Okuda, aussi via facebook ou son site. Il est guide de pêche, pas tout à fait à côté mais pas très loin et peut fournir également des indications.
J'espère pouvoir y retourner prochainement, peut être plus tard dans l'année quand les remontées sont plus nombreuses, qui sait ?
 

mardi 6 août 2019

Découverte des rivières Normandes

Un petit mot pour parler des rivières Normandes que je découvre cette année, en vacances dans la région. J'ai voulu voir plusieurs rivières plutôt que de me focaliser sur une seule et je me suis mis en tête de privilégier si possible les poissons migrateurs.

Jour 1 : l'Odon


Basé à Bayeux, je voulais commencer "crescendo". Première destination, l'Odon. Affluent du fleuve Orne, la fédération du Calvados propose un parcours no-kill sur cette rivière dont la consonance rappelle que le territoire Normand s'est fortement développé sous l'ère des Vikings.


En fait j'ai aussi choisi cette rivière n'ayant que très peu de choix. Une des rivières les plus proche, la Seulles, est non-réciprocitaire sur l'ensemble de ses trois AAPPMA. Au début je pensait que c'était une mesure anti-parisien (qui sont légion à avoir leur résidence secondaire dans la région), mais il y a peut être plus. Au bord de cette rivière, un ancien, carabine sur l'épaule et ragondins à la ceinture, m'expliquait que la pêche c'est que pour les locaux, à l’appât naturel, le mardi et le jeudi. Bref, quand la poissonnerie est fermée ? Il me fallu donc trouver une autre rivière plus proche, ni trop petite et ni trop grosse et sur la carte fournie par la fédération de pêche du Calvados, l'Odon était la plus proche.

Arrivé sur place, après quelques difficultés pour me garer, je pouvais découvrir la rivière du haut du parcours no-kill, avec un petit débit de 0,3 m3/s. L'eau coulait très doucement et je me demandais comment diable j'allais pouvoir faire du poisson, la ripisylve étant assez imposante et les berges abruptes. Pas de gravière où l'on peut prendre du recul pour faire des beaux lancers, on est entre deux "murs" et le rouler s’impose. Je ferais néanmoins quelques gardons et deux truitelles en péchant l'eau mais le manque d'insecte et le profil de la rivière ne m'ont pa motivé à rester jusqu'au coup du soir.

Jour 2 : l'Andelle

Pour ma seconde sortie, j'ai voulu tenter un rivière dont le nom sera sans doute familier à de nombreux moucheurs : l'Andelle. Cela m'a fait faire quelques kilomètres, car cette rivière qui est un affluent en rive droite de la Seine se trouve à une vingtaine de kilomètres à l'est de Rouen, à deux heures vingt de route environ (quand le GPS ne fait pas de blagues...). Sur la route, je me rendrais compte que l'été c'est la saison des moissons et que dans les plaines autours de Paris où la céréale domine, le céréalier est roi et le touriste peut attendre. Entre autres, je resterais quelques temps derrière cette moissonneuse qui ne pouvait pas manœuvrer dans son champ...


L'Andelle, c'est la rivière d'Hemingway et aussi un montage fameux d'émergente de Mai qui porte son nom. C'est une rivière type "chalk stream", qui ferait penser à la Sorgue pour nous sudistes de l'Est. Un parcours mouche y est proposé, avec une réservation d'un euro nécessaire auparavant : http://www.parcours-mouche-andelle.com/. La rivière aurait perdu de sa superbe, mais bon, j'imagine que si elle a eu bonne réputation, elle doit quand même avoir de bons restes. Arrivé sur place à Radepont, au chateau du Port Salut, je découvrirais effectivement une belle rivière. Un parking se situe au milieu du parcours, juste en face de l'école / Mairie.



Plutôt large, moyennement profonde, elle serait presque pêchable a vue mais je ne verrais pas de poissons. Je ferai tout le parcours amont et aval du chateau sans rien voir, à mon grand désespoir et ce malgré de beaux coins comme ci-dessous.


C'est seulement en fin de journée, après une petite pluie, que j'ai eu un peu d'espoir en voyant une belle d'au moins 50cm sur une zone claire en profondeur. A ma grande surprise, elle se décalât au premier passage de ma nymphe et bien entendu je ferrerais dans le vide, j'ai toujours du mal dans les zones profondes. Je ne la verrais plus. Au moins je serais qu'il y a du poisson et si j'ai fait fuir la maman je pourrais toujours aller chercher les petits. J'assisterais à un beau coup du soir à la mouche de Mai (fin juillet !), et même si les poissons étaient très sélectifs je ferais plusieurs poissons dont cette belle. La mouche à utiliser était une émergente de mouche de mai, assez petite et surtout qui flotte très bas.


Donc oui l'Andelle est une très belle rivière mais elle manque un peu de poissons. Surtout, je suis surpris d'apprendre qu'il y a des lâchers d'arcs et qu'il n'y ait pas de tentative d'introduction de l'ombre, qui je pense s'éclaterais sur le parcours dont la pente et le substrat semblent idéaux. Personnellement j'ai préféré le parcours autour et amont du chateau, l'aval étant compliqué à pêcher et les postes pas évidents : la rivière y coule droit et lentement. Cela me semble plus une zone à brochets. sur le haut, la rivière est plus courante et on a plus d'aise pour lancer.

Jour 3 : la Touques

A vrai dire, la Touques était la rivière que j'avais ciblé en première lieu notamment pour sa réputation à la truite de mer. Direction Pont l’Évêque donc pour aller acheter mon timbre migrateur chez le détaillant local, Pascal Laplanche. J'aurais ua passage quelques conseils et prendrait quelques mouches. Timbre migrateur en poche, me voici direction Lisieux pour découvrir le parcours en ville. Je ferais une halte à la passe à poisson, située en milieu de parcours au niveau du pont du Breuil-en-Auge, qui affiche le nombre de remontées soit 3438 fin Juillet. Pour les curieux, le comptage est disponible ici avec les vidéos des poissons comptés où l'on peut voir de très beaux spécimens : http://www.federation-peche14.fr/bea.html


Ci-dessus la reserve de pêche en amont du parcours canoë. A ma grande surprise, je verrais très peu de poissons pour une réserve, juste un ombret caché sous une algue. Je me suis même demandé si c'était vraiment une réserve... Un peu plus en amont, je verrais quelqu'un pêcher une fosse, il me semble que c'était Gaël Even, guide de pêche local réputé pour la traque de la truite de mer. Il pêchait en mouche à l'indicateur avec une maîtrise de la dérive pour assurer une coulée franche de la nymphe, éviant que celle-ci soit tirée par l'indicateur même si celui-ci ne drague pas.


Je pêcherais un peu plus en aval de Lisieux, sur le parcours "n°11". Je remarquerais tout au long de la journée le travail magnifique et exemplaire accompli par les deux AAPPMA gestionnaires de la Touques en aval de Lisieux : la SPL (http://latouques-spl.over-blog.fr) et l'APALVA (https://www.apalva.org). Tout au long de la rivière les accès sont bien marqués et on peut évoluer tout au long des rives grâce à des passages comme on le voit ci-dessous. Je dis un grand BRAVO car lorsque l'on ne connait pas les lieux, on est pas handicapé par la méconnaissance des accès (mais juste sur la méconnaissance de la rivière, ça c'est autre chose).


Après quelques heures de pêche, je casserais ce que je pense être une truite de mar car je me suis tout simplement fait démonter par un poisson qui ma juste laisser apercevoir de beaux reflets argentés. Je m'en veut un peu a vrai dire car dans mes bobines, des fils se sont entremêlés et je pense avoir mis du fluoro 13 centièmes au lieu du 16, je m'en suis aperçu en refaisant ma ligne où le diamètre qu'il me restait me semblait bien fin... Je visiterais d'autres parcours comme en aval de Pont l’Évêque, avec un peu plus de débit mais toujours aussi magnifique.


Je retournerais sur le parcours mouche faire le coup du soir et tenter un peu la pêche de nuit (autorisée pour les migrateurs). J'ai attaqué quelques postes en noyée puis un beau gobage me fera repasser en sèche. Je ferais ce poisson qui gobait sans relâche, avec un bon gros sedge.


Je finirais par pêche de nuit avec une très grosse sèche (souvenir de Bosnie), sur conseil d'un "Trout and Salmon" récent. Sans succès mais néanmoins, la pêche dans le noir total vaut le détour ! J’imagine quel plaisir on peut avoir à sentir une tape dans ces conditions, ça doit être un régal.


La réputation montante de la Touque n'est pas volée. J'ai trouvé la rivière au moins aussi jolie que l'Andelle, sinon plus. Côté halieutique, elle est clairement plus intéressante avec sa présence de truites de mer mais également une belle densité de truites et ombres et de beaux coups du soir si il ne fait pas trop beau. Côté technique de pêche, il y a les adeptes du leurre la nuit et ceux qui pratiquent la nymphe à l'indicateur ou la noyée. Ce que je comprends est qu'il faut pêcher au ras du fond, dans des endroit a priori encombrés le long de berges en journée. Pour la truite de mer la luminosité est un véritable ennemi, plus encore que pour les truites et ombres. A chacun de s'adapter.

Jour 4 : rivières sud-manche

Une journée consacrée à des rivières presque bretonnes : la Sée et la Sélune, réputées pour leur densité de Saumons. direction Avranches et plus précisément Ducey pour prendre la mesure de ces deux fleuves qui coulent jusqu'en baie du mont Saint-Michel. La Sélune a à peu près même allure que la Touques, avec des eaux plus teintées. Je pêcherais méticuleusement un linéaire sans succès.

La Sée est a priori bien plus complexe, plus étroite et plus haute sur berge. A vrai dire je ne vois pas du tout comment approcher cette rivière : on ne peut pas descendre dans l'eau et la rivière fait a peine la largeur de la canne. Et dire que je pensait pouvoir m'entraîner au lancé spey durant ce séjour (lol !!).

Je suis remonté sur un parcours mouche à Verninx mais il ne me paraissait pas plus simple. Différence aussi avec la Touques, il y a pas mal de barbelés qui délimitent les propriétés et a priori peu de facilités de franchissement. Voici le type de rivière a mon avis qui s'approche avec un guide, en tous casa je ne me suis vraiment pas senti à l'aise pour pêcher et j'ai préféré filé plus au Nord.

J'ai en premier lieu approché la Sienne, où quelques coups sont accessibles. La Sienne est un fleuve côtier sur lesquels les migrateurs sont présents. Par contre, je ne sait en quel nombre car il 'y a pas de stations de comptage. J'ai pêché une petite heure vers un moulin où j'ai fait deux truites en noyées.

Ensuite, je suis allé sur la Vire, dernier fleuve côtier de mon périple. La Vire est LA rivière à Aloses avec un parcours réputé à Saint-Lo. Sinon, c'est un peu une rivière "couteau suisse", avec tantôt des belles remontées de truite de mer, tantôt des belles remontées de saumons. Tout au long de cette rivière résonne des noms de crèmeries, dont "Elle-et-Vire" et Isigny-sur-mer. J'ai apprécié lire un petit exposé proposé par l'AAPPMA de Saint-Lo sur cette rivière que je partage avec vous : http://www.aappma-saint-lo.com/index.php/les-publications/65
J'ai pêché un peu en sèche vers Condé-sur-Vire une dizaine de minutes sur un coup en contrebas de la route puis je me suis approché de l'embouchure pour voir si la rivière serais assez large pour tenter de sortir la canne a deux mains. Sur le poste que j'ai identifié, il y avait malheureusement un campement d'une personne qui me semblait marginale, avec des chiens décidés a défendre leur territoire. C'était le seul accès identifié sur la carte IGN snif. ..

Pour conclure, je suis content d’avoir pu découvrir ces rivières même si j'ai fait pas mal de kilomètres, j'ai pu apprécier la qualité des rivières. Par rapport aux rivières de "chez nous", a noter que les accès sont difficiles (sauf sur la Touques). Côté mouches, j'aurais vu un grand nombre de mouche de Mai, sur tous les parcours. Enfin, côté technique, la maîtrise du lancer roulé est indispensable, pour la sèche comme pour la noyée. A maîtriser en revers et coup droit, voir avec double traction pour gagner la distance qui manque.