jeudi 18 avril 2019

Découverte de la pêche à la mouche au Japon


Bonjour à tous,

Ayant eu l’opportunité d’aller au Japon pour une réunion de travail, je me suis mis en tête l’idée de prendre une journée pour aller pêcher là-bas, en plus de quelques visites. Voici un petit retour de cette tentative.

Juillet 2018 : je suis notifié qu’un projet préparé en coordination Europe et Japon a été retenu suite à un appel d’offre. Plusieurs déplacements au Japon seront prévus pour des points d’avancement réguliers. Je me renseigne alors naturellement à droite à gauche sur la pêche au Japon. A première instance c’est relativement compliqué de trouver des informations, surtout que je ne connais pas spécialement ce pays au-delà de la culture populaire (cuisine, mangas, jeux vidéos et bizarreries culturelles rapportées dans le petit journal). Ma priorité va vers la pêche au saumon, je retombe régulièrement sur quelques sites qui indiquent que la pêche au saumon est quasiment fermée partout. Ça commence mal. Beaucoup de liens sur les pages web sont morts où me renvoient vers des pages exclusivement en japonais. Merci Google traduction ! Mais cela ne suffit pas toujours. Je retiens un site, http://www.salmon.jp/english-information et je comprends que la saison est plutôt tardive pour les espèces de saumons typique du pacifique que l’on trouve sur cette rivière. Je sollicite le forum du club des saumoniers, sans avoir plus d’informations mais quelques messages quand même. Je mets de côté. Mon premier déplacement est prévu pour Avril 2019, je tenterais ce que je peux.

Jour 1 : atterrissage à Tokyo, je prends contact avec mon pays hôte. Quel dépaysement ! Avec beaucoup de chance, les cerisiers sont encore en fleur et offrent un paysage magnifique.



 Je suis venu sans affaires de pêche finalement, avec l’objectif de me demerder sur place, l’idée derrière la tête étant d’acheter une canne Tenkara. Cela faisait quelque temps que je voulais m’y mettre pour la pêche des torrents de montagnes. Je suis assez septique pour son utilisation en rivière, mais il est vrai que son faible encombrement et la facilité de déploiement de la canne et ligne sont plus appropriés pour la montagne. Je loge à Fujisawa dans la banlieue de Tokyo. En arrivant en bus, je m’aperçois que ça ne va pas être simple : les rivières, plutôt nombreuses, sont canalisées avec des digues à 90° ! Je pense faire une croix sur le street fishing L




Jour 4 : mes réunions de travail sont terminées, je commence mes congés sur place. Je repère plusieurs magasin « mouche » en ville. Le premier près de la « sky tower » dans le quartier ou ville de Taitö est en fait plus orienté sur le montage de cannes en bambou et ne propose pas de cannes Tenkara (http://www.fly-tsuruya.co.jp/). Je discute néanmoins avec les charmant propriétaires et je remets la quête de la canne à plus tard.

Jour 5 : je trouve un magasin dans le quartier de Shibuya, qui possède entre autre le carrefour piéton sans doute le plus impressionnant du monde où 3000 personnes changent de rues toutes les trois minutes, soit deux fois la population du village ou j'ai grandi, et ce sans accrocs avec cette fameuse discipline locale. 



Le magasin, http://shibuya.sansui1902.jp/, propose un étage dédié à la mouche où je trouverais de tout, avec des cannes allant de 5 pieds à des cannes à deux mains de plus de 17 pieds. Je trouve mon bonheur avec une belle canne Tenkara ayant un prix abordable. Dans le reste du magasin, je ne suis pas dépaysé puisque le matériel de montage et les marques de cannes sont sensiblement les mêmes que chez nous. Je suis néanmoins admiratif par tout ce qui est proposé et bien ordonné dans le magasin qui malgré une surface relativement faible et très complet grâce notamment a des systèmes de rangement astucieux. J’en profite pour prendre trois matériaux de montage qui ont des couleurs inédites pour le réservoir (je n’en dirais pas plus). Je prends un bas de ligne pour la canne, qui ressemble à une queue de rat tissée, un peu de fil et je demande trois mouches. Le vendeur, très consciencieux et appliqué m’a indiqué comment utiliser la canne, la nettoyer et relier le bas de ligne au scion. Il a vraiment pris le temps de bien montrer, j’ai beaucoup apprécié. J’en ai profité pour demander s’il connaissant un parcours dans la région ou je pouvais pratiquer, il m’a alors donné une brochure sur un coin dédié au Tenkara : http://yozawa.jp/. Quel bonheur !


Jour 6 : nous sommes dimanche et avant de partir chasser les harajuku girls, pratiquantes de cosplay je me renseigne sur le parcours indiqué par le magasin la veille. Je déchante un peu, le parcours est à 3h30 de train de mon hôtel auquel il faut ajouter un trajet en bus, qui me semble des plus hasardeux (pas d’horaires ni numéro de ligne). Au retour de le soir, je prends le temps de cartographier tous les endroits qui me semblent possibles pour la pêche Je me rends compte assez vite qu’il y a deux types de parcours : les parcours loisirs et les parcours sportifs.
Les parcours de loisir sont typés safari, les rivières sont aménagées en paliers d’une dizaine de mètres de longueur et gavées de truites portions que l’on pourra faire griller dans la foulée via les aménagements prévus (BBQ, tables de picnic) avec sa famille et ou ses amis. Par example :

Les parcours sportifs sont plus proches de ceux que l’on connait, même si la pratique de no-kill ne semble pas généralisée. On y pratique en petit comité et l’on va chercher la qualité dans la manière et le poisson. Nombreux de ces parcours sont référencés par le club de pêche à la mouche de Tokyo : https://tokyoflyfishing.com/
Malheureusement je ne trouve pas grand-chose à moins de deux heures de train de mon hôtel, sauf ce site a force de recherche sur google maps : http://www.forest-springs.com/kaisei/. Ce sera donc ma destination.

Jour 7 : je prépare mon matériel et file à la gare. Tant que j’ai du réseau, je prends soin de faire traduire un petit message de présentation et une demande de droit de pêche pour la journée. J’ai une heure trente environ de train jusqu’au parcours, puis dix minutes de marche. Au fur et a mesure que le train s’éloigne de Tokyo, on prend contact avec la nature en quittant cette métropole de 43 millions d’habitants !!! Les petits champs cultivés replacent l’urbanisation et le mont Fuji devient également de plus en plus visible, sortant de la brume (cherchez sur la photo ci-dessous).



Me voilà enfin arrivé, direction le parcours. Je passe au-dessus d’une rivière assez grande auparavant, où l’eau est relativement claire mais je ne vois pas de poissons à part deux carpes qui étaient en bordure.



Arrivé au parcours, celui-ci me semble plus intéressant qu’en photo via le web et je vois en particulier de nombreux gobages à la surface ainsi que des dorsales qui sortent de l’eau par endroits, je me réjouis d’avance. Au guichet, je j’aperçois un immense rayon de cuillères ondulantes, très petites et légères avec hameçon simple sans ardillons. J’avais déjà vu les mêmes leurres dans les autres magasins que j’avais visité, j’admire la technique et si seulement l’hameçon simple sans ardillons pouvait être le standard en Europe, on arrêterais sans aucun doute de voir des poissons à la gueule arrachée ou mutilés dans nos rivières ou dans les parcours qui autorisent le leurre comme à Barrouchat où il semblerait que le taux de mortalités soit conséquent.



Un panneau annonce les espèces de salmonidés, elles sont nombreuses et correspondent à ce que j’avais lu avant mon départ :
  • Truites arc-en-ciel et fario, importés semble-t-il, avec quelques variantes telles que steelhead, donaldson et kamloop (Oncorhynchus mykiss et Salmo trutta)
  • Iwana (omble à points blanc)
  • Yamane (Oncorhynchus masou masou, tacon du « cherry salmon » ?), natives de l’île. Le Yamane a des couleurs magnifiques dans sa première forme (Oncorhynchus masou masou) puis deviens argenté au primtemps ce qui lui vaut le nom de « fleur de cerisier »
  • Le saumon de fontaine (Salvelinus fontinalis)
  • Le huchon japonnais (Parahucho perryi), qui semble être un Taïmen. Il est classé en danger critique d’extinction



Le gestionnaire du site arrive et je lui tends alors fièrement ma traduction sur mon téléphone. Celui-ci pousse alors de « hum hum », je m’inquiète. Il finit par me dire « no tenkara ». Aîe, c’était le risque. Il me montre les panneaux à l’extérieur où sont illustrés une canne "spinning" et une canne mouche classique et me répète « no tenkara ». J’avais bien compris. Ben tant pis, ce ne sera que partie remise pour ma prochaine visite, où ce coup-ci je serais mieux préparé. J’ai admiré pendant les jours précédents la discipline et le respect Japonais, cela c’est un peu retourné contre moi ce jour mais la ballade n’était pas perdue, j’en profite pour me promener à pied dans l’arrière-pays.  

Jour 8 c'est le retour en France. Prochain round en Septembre si tout va bien, je prépare bien entendu la revanche.

A bientôt,
Mathieu


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